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Il y a dans le rapport de Jacques Press nombre de propositions passionnantes qui montrent, s'il en était besoin, la fécondité (sa générativité, dirait J. Press) de la pensée de l'École de psychosomatique de Paris et plus spécialement celle du regretté Michel Fain. Articuler ma pensée à celle du rapporteur dans ses mouvements de conjonction et de disjonction m'a semblé une tâche trop complexe, c'est pourquoi je lui propose plutôt cet écrit en contrepoint : il y trouvera la résonance considérable de sa pensée.
Michel Fain soutenait que l'alternance de mouvements de progrédience et de régrédience est garante de la vie psychique et somatique, c'est dire l'importance de cette question. La progrédience se caractérise par une position pulsionnelle centrifuge projective-active, tandis que la régrédience réceptive-passive est centripète et introjective1. En séance, C. et S. Botella l'ont bien noté, il nous faut distinguer une régression temporelle (retour sur le passé), une régression formelle (par exemple, passage du mot à l'image) et une régression topique. Selon moi, cette dernière peut être « bénigne » (Balint) ou prendre le visage d'un changement catastrophique (Bion).
Sur le divan, mais aussi en face à face à une ou trois séances par semaine, tous mes patients, quelle que soit leur structure, finissent par pouvoir se laisser aller, plus ou moins, à des mouvements de régrédience diversifiée temporelle et formelle, base du travail analytique « classique ». Mais d'aucuns, n'y parvenant pas du tout, vont, à la place du mouvement de régrédience, s'engager dans une