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L'identification à l'agresseur évoque pour beaucoup les travaux d'Anna Freud . Cependant, quelques années plus tôt, Ferenczi avait proposé, sous la même dénomination, une notion bien différente. La notion ferenczienne d'identification à l'agresseur est particulièrement intéressante, eu égard aux problématiques rencontrées aujourd'hui dans la pratique psychanalytique, en particulier l'intrication du masochisme au narcissisme.
Dès 1925, dans « Thalassa », Ferenczi évoque le plaisir de passivité résultant de « l'identification à l'homme victorieux »1. L'homme victorieux n'est pas explicitement désigné comme agresseur, mais le contexte nous invite à franchir le pas, car l'agressivité masculine y est opposée au masochisme féminin. De plus, le plaisir de passivité implique une régression narcissique des pulsions érotiques à l'ensemble du corps et à l'ensemble du Moi.
« Thalassa » est une théorie de la génitalité, et ce qui est postulé dans ce texte c'est le nouage masochisme féminin / narcissisme. Dans « Confusion de langue entre les adultes et l'enfant »2, la notion d'identification à l'agresseur comporte aussi un nouage entre masochisme et narcissisme, mais il s'agit d'une intrication beaucoup plus régressive.