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Déjà dans Totem et tabou figurent deux cas de clinique infantile qui introduisent l'approche de l'identification à l'agresseur, celui d'Arpad, l'enfant coq observé par S. Ferenczi, et celui du petit Hans, qui vont être abordés dans le cadre de l'étude du totémisme infantile. L'animal redouté, dans ces deux cas, représente le père; il est investi, dans une relation très ambivalente, conjointement aimé et redouté car porteur de la menace de castration. Alors que chez Hans l'évolution se poursuivra dans une dynamique évolutive qui demeure celle de l'Œdipe, chez Arpad, qui a été blessé par l'animal au niveau de son sexe, l'identification se situe dans un contexte de fixation beaucoup plus inquiétante et douloureuse, monopolisant notamment tous les investissements de l'enfant de façon régressive. Dans les deux cas, le dépassement de cette configuration psychique se fera au sein d'une relation thérapeutique grâce à l'identification ludique à l'animal agresseur ou effrayant - ce qui remobilise le jeu libidinal qui restait bloqué.
Mais le concept d'identification à l'agresseur ne sera créé par S. Ferenczi qu'à partir de 1932 dans son article « Confusion des langues entre les adultes et l'enfant ». Celui-ci y décrit, dans le contexte d'une relation d'asymétrie enfant-parent, un effet déstructurant sur le Moi infantile. Il apportera par la suite dans Psychanalyse IV, notamment, de précieux développements dans sa réflexion sur le traumatisme et l'autoclivage narcissique.
Plus tardivement, A. Freud en 1936 va réutiliser autrement cette appellation sans citer ses sources car il s'agit de ne pas redonner une importance à une conception traumatique de la névrose (la « neurotica » abandonnée par Freud). Elle l'inclut, à l'opposé de S. Ferenczi, dans les mécanismes de défense du Moi.