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On se demandera quel est le sens d'un tel titre. « L'identification à l'agresseur » n'est-il pas un titre plus adapté, qui nous fait plonger d'emblée dans une approche psychologique, évoquant les racines des processus les plus élémentaires de la vie psychique ? Mais justement quelles sont ces racines ? Dans l'argument qui nous est proposé, il est judicieusement fait appel à deux formes d'identification : l'une, typiquement freudienne, évoque une forme de construction psychique à partir d'une organisation névrotique dans laquelle demeurent des phénomènes de base comme l'existence d'un Surmoi. L'autre, celle de Ferenczi, est établie sur des bases plus primaires touchant véritablement les constructions les plus élémentaires. Je reprends l'analyse qu'en fait Thierry Bokanowski1 : après avoir évoqué l'analyse freudienne reposant sur un transfert paternel, il évoque la position de Ferenczi, « plus axée sur l'aspect primaire de la relation, le transfert maternel »… Elle est une analyse « régressive » où prédominent l'expérience vécue, l'interaction, l'infra-verbal et le « sentir avec (Einfühlung) ».
N'oublions pas que l'étude abordée ici porte sur des sujets existant en prison, après des actes catégorisés comme délits avant d'être soumis à une approche thérapeutique. C'est dire que les actes commis, parfois de nature de la plus grande violence, ne sont pas a priori considérés comme des faits pathologiques. C'est donc tout un espace nouveau que nous avons à explorer. Et se pose la question : où est, dans de tels fonctionnements psychiques, le processus d'identification