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« Und bist du nicht willig so brauche ich Gewalt. »1
L'expression « identification à l'agresseur » dans sa traduction en français, du fait de sa structure grammaticale de complément d'attribution, exprime un mouvement vers l'agresseur, et ce mouvement « vers » pose le problème de l'altérité, puisqu'il ne peut y avoir d'agresseur sans un agressé, c'est-à-dire des positions respectives du sujet et de l'objet. C'est la dynamique de ces deux personnages qu'interroge l'identification à l'agresseur. Cette dynamique est particulièrement complexe dans les cas où des sévices physiques et sexuels ont été subis dans l'enfance. Alors que la demande d'analyse ne porte pas explicitement sur ce traumatisme, celui-ci va (re)surgir au cours du processus analytique et il arrive, ainsi que l'avait décrit S. Ferenczi (1932), que le processus analytique devienne une répétition du trauma. L'analyste est alors en position d'agresseur, état qui ne manque pas de poser de nombreuses questions et va interroger de façon très vive son contre-transfert. C'est ce travail de contre-transfert que je voudrais développer à partir d'un exemple clinique.
La première question porte sur l'agresseur, sur sa force, sa violence, son pouvoir de saisir l'autre (angreifen, « saisir »). Quelle est la nature de ce mouvement et ses conséquences ? De quelle manière l'autre va-t-il saisir ce mouvement ou de quelle manière va-t-il en être saisi ? Quelles conséquences en résultera-t-il