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Combattre un mal intérieur par un autre mal, combattre peurs, douleurs et haines par des comportements autodestructeurs qui vident de sens une vieille blessure mais libèrent celui d'une belle intelligence, n'est-ce pas là le tour de passe-passe qui signe l'activité de l'identification à l'agresseur ? Cette question qui ouvre ce texte a sous-tendu à mon insu les chemins d'un travail analytique qui ne cessaient de bifurquer jusqu'à ce que je puisse entendre le jeu déroutant de ce chassé-croisé.
Les premiers entretiens avec cette patiente sous emprise de raptus suicidaires, de refus alimentaire et en déni de perception du réel auraient pu me faire entrevoir des signes de rupture psychotique plus que d'indication de travail analytique, si son transfert sur la parole n'avait eu don de me faire entendre une attente et une recherche des liens de ses comportements autodestructeurs avec son histoire infantile. J'entendais une femme mariée et mère de famille animée par un besoin de se faire du mal sur le fondement d'introjection d'un père paranoïaque, agresseur autant comme tyran familial que comme séducteur, sa violence et ses baisers équivoques lui inspirant peur et horreur. Partie tôt de sa