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« Car aujourd'hui je suis un criminel, un être issu de criminels, tout le monde le voit. »
« Ni anarchie ni tyrannie. »
Ironie de l'histoire de la psychanalyse, ce sont Ferenczi et Anna Freud, réglant peut-être là quelque compte avec l'inventeur de la psychanalyse, qui ont recours à la description de l'identification à l'agresseur comme mouvement d'intégration d'une violence de/dans l'identification. Si André Green ne l'énonce pas explicitement, c'est à cette identification qu'il nous fait penser lorsqu'il écrit : « Réussir à transformer l'hostilité en identification est sans doute une des réalisations les plus remarquables de l'Œdipe » (Green, 2002).
Notre hypothèse est, à partir de Freud, de fonder l'identification à l'agresseur dans l'expérience de l'angoisse de l'étranger. « Le petit enfant, dans les bras de sa garde, qui se détourne en criant à la vue d'un visage étranger, [manifeste un malaise dont l'origine] est la dépense psychique que le nouveau exige toujours de la vie mentale […]. Il y aurait une belle étude à faire sur la réaction de l'âme à la nouveauté en soi » (Freud, 1925 e). La question reste posée. « Partons à nouveau de la seule situation que nous croyons comprendre, celle du nourrisson qui, au lieu de sa mère, aperçoit une personne étrangère. Il manifeste alors cette angoisse que nous avons rapportée au danger de la perte de l'objet, mais qui est assurément plus compliquée et mérite une discussion approfondie » (Freud, 1926 d). La reprise récente par Claude Le Guen de l'Œdipe originaire offre un cadre à cette réflexion1 (Le Guen, 2007).