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L'expresion d'identification à l'agresseur regroupe des phénomènes psychiques très différents. L'hétérogénéité concerne à la fois la nature de l'identification, ses fonctions ainsi que ses effets sur le fonctionnement psychique : telle identification à l'agresseur trouve-t-elle un aboutissement satisfaisant à travers le jeu ? Telle autre soutient-elle un processus psychique plus global, tel le développement du Surmoi ou de l'Idéal du Moi - ou, a contrario, en résulte-t-il un mouvement de désorganisation ? Dans bien d'autres situations, l'identification à l'agresseur paraît s'être fixée immuablement dans le caractère.
Nous pouvons nous interroger autant sur ce qui rassemble ces identifications que sur ce qui fonde leur hétérogénéité. Pour répondre à ce double enjeu, je me propose de considérer l'identification à l'agresseur dans la perspective du croisement d'une dimension traumatique et du processus de maturation. Cette optique nous permettra par ailleurs de ne pas limiter ce concept à l'enfance ou à une réaction à un traumatisme, mais de considérer plus globalement son apparition et ses remaniements dans le décours du parcours identificatoire de l'individu.
Après une première partie consacrée aux implications de l'hétérogénéité de l'identification dans la cure, je mettrai au travail mon hypothèse en me référant à des textes bien connus : Le Moi et les mécanismes de défense d'Anna Freud, « Confusion de langue entre les adultes et l'enfant » de S. Ferenczi, mais aussi L'homme Moïse et la religion monothéiste de S. Freud dont l'apport au développement freudien de l'identification est largement méconnu.
Les derniers travaux de Freud, globalement absents des études consacrées à l'identification, comme si toute innovation après l'apogée métapsychologique dans « Le Moi et le Ça » était négligeable, dessinent en effet une complexité