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Membre de l'Association psychanalytique de France, Gérard Bonnet fut le secrétaire de rédaction de la revue Psychanalyse à l'Université, et il dirige actuellement l'École de Propédeutique à la Connaissance de l'Inconscient (EPCI), où il enseigne la psychanalyse à un large public. Il nous offre ici la mise à jour d'un certain nombre de conférences, articles et contributions concernant ses recherches des vingt dernières années sur la perversion, qui vient compléter et enrichir ses publications déjà bien connues sur le thème2.
Le titre de l'ouvrage évoque évidemment celui de Sylvie Faure-Pragier (Klim, la perversion ou la vie), mais les références théoriques en sont notablement différentes, rattachées ici, pour l'essentiel, à Jean Laplanche, avec en arrière-plan Lacan et Rosolato. Disons d'emblée que, pour Gérard Bonnet, la situation de séduction originaire, qui selon Laplanche fonde la sexualité et concourt à l'éveil de la vie psychique, a été au cours de l'enfance du pervers à la fois trop excitante et brutalement interrompue, laissant l'enfant dans une totale déréliction car brusquement laissé seul avec des messages énigmatiques intraduisibles. Cette « frustration radicale » a généré chez l'enfant tout à la fois des objets internes persécuteurs, « un désir inconscient de vengeance en pire », et une fixation à la pulsion partielle prévalente à l'époque de la rupture relationnelle, « pour tenter de maintenir à tout prix l'axe des relations perdues »