You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le précédent numéro des Libres Cahiers pour la psychanalyse, « Parler de la mort », confrontait ses lecteurs à l'impensable de la mort comme à la difficulté d'admettre et d'intégrer la violence destructrice au cœur de la nature humaine. Or, peu de temps après sa parution, disparaissait Blandine Foliot, qui, durant dix ans, a participé à cette formidable aventure qu'est la publication d'une revue, revue scientifique exigeante et féconde, œuvrant inlassablement à relever le défi du Kulturarbeit face aux forces déferlantes dont se nourrit la barbarie.
La publication de ce dix-septième numéro, « Rire de soi », auquel Blandine Foliot avait travaillé, a confronté ses collègues du Comité de rédaction à relever cet autre défi que porte aux hommes l'inexorable Aνάγκη… figure du « Destin, [cette] puissance obscure que seuls très peu d'entre nous parviennent à concevoir de façon impersonnelle »1… Au-delà du deuil, la perte brutale contraint à poursuivre sans cesse nos efforts pour penser, élaborer et la réalité de la mort et la nécessité du destin… Or, l'humour, Freud nous le rappelle dans le petit article de 19272 qui sert d'argument à ce numéro, « prend place dans la longue série des méthodes que la vie psychique de l'homme a déployées pour échapper à la contrainte de la souffrance ».
Bien plus, « l'humoriste, lui, croit au simple hasard », affirme Jean-Luc Donnet qui nous offre ici une passionnante contribution qui allie à l'élégance du style, à la clarté de l'exposition, la profondeur du propos. S'il possède, on le sait, « ce don rare et précieux » de l'aptitude humoristique, il a su faire de cette disposition un fructueux champ d'étude dont il nous livre ici un remarquable aboutissement.