You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Avec « L'objet, la réalité », et présenté comme en sous-titre « La règle, le tact », l'Annuel de l'APF 2008 nous livre son second numéro. Une reproduction de L'objet invisible d'Alberto Giacometti, sur la page de couverture, donne tout son poids d'énigme et d'attrait au rassemblement de ces quatre notions : l'objet, la réalité, la règle, le tact. Une femme sans doute, fort dépouillée quoique dotée de seins, assise sur un étrange tremplin-siège-escabeau, visage tendu vers le spectateur, semble délimiter et contenir entre ses mains d'orante un espace où se tient probablement l'objet invisible. Tout y est : l'objet qu'on ne voit pas grâce à toute une présence de chose, de corps et de geste, la réalité d'une assise produisant une verticalité hésitante, et comme le réglage de cette assise par la machinerie un peu irréelle du siège, l'exquis du tact, enfin, tenant sans doute à l'invisibilité de l'objet. Ce que l'artiste condense avec génie, les auteurs de l'Annuel vont en déplier quelques aspects, dans leur langage, travaillant avec rigueur les inévitables contradictions auxquelles nous soumet l'élaboration conceptuelle.
Adossés au serpent de mer qu'est la « relation d'objet », nous sont d'abord donnés trois exposés magnifiques. Magnifiques, parce que leurs auteurs, Jean Laplanche, Michel de M'Uzan et Daniel Widlöcher, trouvent le moyen de rendre le plus original de leurs pensées respectives, par quelques pages, en l'articulant à une notion non fédératrice, originellement polémique et cruciale dans l'histoire de la psychanalyse : la relation d'objet - object-relation, rebaptisée pour l'occasion « relation à l'objet ». Ne cherchons pas ici une revue systématique de la notion de relation d'objet. Car celle-ci n'y est qu'un prétexte pour argumenter, déconstruire et construire : l'objet source chez J. Laplanche, l'être-identité chez M. de M'Uzan et l'objet-figure chez D. Widlöcher. La dette des trois auteurs est freudienne : sauver la psychanalyse, praxis et théorie, des impas