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Dans une nouvelle rubrique intitulée « Letters from… », les éditeurs de l'IJP invitent un collègue à donner des nouvelles de la situation de la psychanalyse dans la région où il la pratique. Dans sa « Lettre de Genève », Jean-Michel Quinodoz a choisi de parler de l'évolution de la psychanalyse au cours des dix dernières années dans la partie francophone de la Suisse, c'est-à-dire en Suisse romande. La psychanalyse avait connu un développement réjouissant entre 1960 et 1990, et ce fut là un véritable « âge d'or », particulièrement à Genève et Lausanne. Mais depuis une dizaine d'années, avec l'arrivée des neurosciences, des thérapies cognitivo-comportementales et des traitements médicamenteux, la psychanalyse a perdu la place prépondérante qu'elle avait occupée jusque-là dans les enseignements universitaires de psychiatrie et de psychologie. La mise à l'écart de l'approche psychanalytique s'est alors répercutée sur la pratique privée sous forme d'une diminution des demandes d'analyse. Néanmoins, dans la partie francophone de la Société suisse de psychanalyse, le nombre des membres et des candidats est resté stable (environ 80 membres et membres formateurs, pour environ 180 candidats). Dans le but de remettre en valeur la pratique de la psychanalyse et son enseignement, certains aménagements ont été proposés au niveau de la formation, tels que la possibilité pour les futurs candidats d'effectuer une analyse personnelle auprès d'un membre et plus uniquement auprès d'un membre formateur, selon le « modèle libéral » français. De même, un candidat peut effectuer l'une de ses deux supervisions