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« D'une manière générale, l'exercice de la psychanalyse est-il un objet qui doit être soumis à l'intervention des pouvoirs publics ou est-il plus approprié de l'abandonner à son développement naturel ? […] Je ne songe pas à faire des propositions impliquant que l'on ait tranché la question de savoir s'il est plus juste, en matière d'analyse, de réglementer légalement ou de laisser-faire. C'est là, je le sais, une question de principe dont la solution sera vraisemblablement plus influencée par les penchants des personnes d'autorité que par des arguments. Ce qui me semble parler en faveur d'une politique du laisser-faire [en français dans le texte], j'en ai déjà rassemblé les éléments. Si l'on se décide autrement, pour une politique d'intervention active […] il faut alors se soucier de bien d'autres choses, fixer les conditions selon lesquelles l'exercice de la pratique analytique est autorisé, et cela pour tous ceux qui voudront exercer cette pratique, instaurer une quelconque autorité, auprès de laquelle on puisse s'informer de ce qu'est l'analyse et de ce qu'on est en droit d'exiger pour s'y préparer, et promouvoir la possibilité de s'instruire en matière d'analyse. Ainsi donc, ou bien laisser tout tel quel, ou bien mettre de l'ordre et de la clarté, mais ne pas s'engager dans une situation embrouillée avec une interdiction isolée qui découle mécaniquement d'une prescription devenue inadéquate. »1
Eh bien nous y sommes ! Et, une fois de plus, on ne peut que s'étonner de la clairvoyance de Freud, confronté qu'il fut au procès intenté au grand Reik pour exercice illégal de la médecine, posant en 1926 ce problème difficile - pour ne pas dire insoluble - qui secoue actuellement l'Europe : celui d'une réglementation de la psychanalyse et de la profession de psychanalyste.