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« La faculté qu'a l'homme de sécréter une coquille, de se creuser un trou, de dresser autour de soi une fragile barrière de défense dans des circonstances apparemment désespérées est un phénomène stupéfiant qui demanderait à être étudié de près. Il s'agit là d'un précieux travail d'adaptation, en partie passif et inconscient, en partie actif… Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous. »
Le travail analytique avec les patients difficiles qui nous renvoient à une clinique de l'agir et de la destructivité m'a amenée à me poser la question de leur fonctionnement psychique et notamment de leur capacité à gérer l'excitation et à supporter la frustration. Ce sont des personnalités narcissiques, des états limites, des patients psychosomatiques, voire des psychotiques, toutes pathologies qui renvoient à l'organisation de la psyché et qui témoignent du manque d'inhibition de l'excitation. Ces patients nous conduisent à nous interroger sur le cadre et son aménagement. Ils nous mettent devant la nécessité d'utiliser la perception de l'objet en personne pour corriger les faillites de leur Moi. Je pense que c'est en s'appuyant sur la perception dans l'intersubjectivité que l'on pourra travailler la conflictualité intrapsychique. Tout cela pose par conséquent la question du rôle de l'objet et de la médiation corporelle dans la constitution du pare-excitation. En effet, chez ces patients, la communication s'établit à partir du langage du corps. Avec eux, nous sommes devant le problème du manque d'inhibition de l'excitation responsable de la décharge massive. J'en donnerai quelques illustrations cliniques.