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Il y a quelques années, un débat s'est engagé dans les pages de l'International Journal of Psycho-analysis (vol. 84, ) à propos de la schizophrénie. Richard Lucas, un collègue britannique qui intervient auprès de patients schizophrènes dans un service psychiatrique public, a rendu compte du type de travail qu'il y effectuait et des élaborations théoriques, et de théorie de la pratique, que ce travail permettait. Dans un langage parfois quelque peu différent de celui des travaux psychanalytiques français sur les psychoses, son texte résumait plusieurs points, soit ayant trait à l'approche relationnelle du patient schizophrène, soit relatifs au cadre institutionnel, soit en rapport avec sa psychopathologie générale, dans lesquels les praticiens français de ces pathologies pourraient aisément se reconnaître.
Ce texte a suscité une réaction inhabituellement vive de la part d'un autre analyste, Robert Michels. Pour lui, les rapports entre psychanalyse et schizophrénie sont l'exemple même d'une défaite qu'il faut étudier « pour éviter de nouvelles mésaventures de ce genre ». Dans la schizophrénie, la psychanalyse ne serait pas plus utile « qu'en matière de sclérose en plaques, de cancer ou des sans-abri ». Si la psychanalyse peut être utile pour accompagner les patients et leurs proches dans cette maladie, si elle peut éventuellement contribuer à comprendre comment les patients font face à leur mal, son intervention « n'affecte nullement la maladie primaire », parce que « les problèmes fondamentaux [des patients schizophrènes] ne sont pas la conséquence de conflits psychiques ». La schizophrénie relèverait de certains « processus neuropsychologiques » de