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L'ambiguïté est d'abord une affaire de genre.
L'ambigu est séduction, tentation, mortelle attirance. Il n'a pas de limite précise, franche, nette, ce qui participe de sa séduction, en excitant la curiosité : désir de franchir la limite du visible, désir de savoir, désir d'analyse. L'ambigu porte à l'inquiétante étrangeté : ambiguïté du transfert, le « che vuoi ? » de Lacan ?
L'ambigu serait hermaphrodite. Je me rappelle la sculpture de Canova au Louvre : le regard qui longe/caresse le buste féminin tombe soudain avec horreur/fascination sur le membre masculin. Par un brusque retour du refoulé vient se réaliser une image de fantasme : la femme à pénis, celle dont l'existence vient dénier la théorie de la castration et indiquer son échappatoire possible.
Rêve du paranoïaque, entre autres : il existerait une femme à moustaches toti-potente, ma mère. C'est du reste l'hypothèse de Freud (1923) au regard de l'évolution des représentations successives du diable dans l'œuvre du peintre de la « névrose diabolique ».
L'ambiguïté va avec le voilé, le demi-montré, le suggéré.
Règne de l'illusion, elle permet une solution élégante, mi-dite, à la question de l'emprise, la renvoyant au jeu consenti : je veux bien croire ce que tu me dis, d'autant mieux que ce que tu me dis est justement ce que j'ai bien voulu entendre.
Farce, ironie, tromperie de l'inconscient qui associe les contraires et expose au mélange des genres; pour preuve, les têtes Janus, rassemblant deux visages