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Les moments où l'analyste éprouve une inhibition de pensée sont souvent rapportés aux besoins d'emprise du patient ou aux défauts de fonctionnement associatif chez celui-ci, comme lors de pensée opératoire ou très attachée à son référent réaliste.
Je m'intéresserai ici à ce qui, chez l'analyste, participe activement à l'inhibition de pensée, en tant qu'état de contact en identité de perception plutôt qu'en identité de pensée avec les contenus évoqués par le patient, état de « résistance au devenir conscient » chez l'analyste1, et aux voies de dégagement qu'il trouve.
J'illustrerai ce cheminement par un récit clinique, dont l'élaboration rétrospective en plusieurs temps m'a évoqué quelques hypothèses. L'état d'inhibition relève sans doute au départ d'une identification narcissique massive au patient, voire d'une immobilisation vis-à-vis d'une présence traumatique trop vive. En revanche, ce qui permet un dégagement chez l'analyste me semble faire appel à des identifications hystériques liées à sa propre névrose infantile « civilisée » par son analyse et ses investissements professionnels, et à une conflictualisation de celles-ci au contact du patient, sur un mode œdipien, qui lui permet in fine de réinstaller un cadre topique pour ce patient-là, avec lui. La signification, à travers l'interprétation redevenue possible, d'un cadre de pensée reflétant une topique post-œdipienne me paraît être l'une des conditions de l'installation d'une régression formelle chez le patient lorsqu'elle est en difficulté.