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Sous une couverture joliment provocante, un peu insolite aux très sérieuses Presses Universitaires de France, Pascale Navarri nous propose une réflexion sur un phénomène collectif d'une ampleur considérable, peu travaillé dans la littérature psychanalytique, à l'exception du travail d'Edmund Bergler, dans les années 1950, et malgré la notoriété de l'essai sémiologique de Roland Barthes2. Combler ce vide est le premier mérite du livre, l'implication personnelle de l'auteur, en tant que psychanalyste et que femme qui connaît et aime la mode, en est une autre. P. Navarri s'appuie sur des exemples cliniques personnels et sur une réflexion de psychanalyste, appliquée à l'actualité et l'histoire de la mode. Son propos témoigne d'une solide érudition et comporte une revue de travaux sociologiques et anthropologiques.
Dans le premier chapitre, à partir des souvenirs d'enfance de Karl Lagerfeld, livrés à Carla Bruni pour éclairer les sources intimes de sa vocation de créateur de mode, l'auteur montre que, « derrière chaque nouvelle collection du maître, se cache un œil maternel féroce, bien plus redoutable certainement que ceux de ses admirateurs et de ses critiques, et trace d'un dialogue intérieur avec un idéal implacable ». Rester visible, une lutte contre l'indifférence ? Un des fondements de la mode serait de soutenir l'attention de qui nous regarde.