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En neuf chapitres denses, Dominique Cupa articule allègrement clinique et métapsychologie pour nous conduire dans les tours et détours d'une pensée clinique de la cruauté et de la tendresse. L'auteur est psychanalyste de la Société psychanalytique de Paris, professeur de psychopathologie à l'Université de Paris X. Elle a reçu le prix Maurice Bouvet pour son article « Greffes et chimères » et pour son texte « Mourir », repris dans le chapitre 9 de Tendresse et cruauté. Elle dirige le LASI, laboratoire de psychopathologie psychanalytique des atteintes somatiques et identitaires, et est chef de service de l'unité de psycho-néphrologie de l'AURA (Paris).
Tendresse et cruauté, ces deux formes opposées de pulsions d'autoconservation, pré-ambivalentes, concourent à la préservation de la vie somatique et psychique. D. Cupa prête son attention et sa pensée à ces patients « violents avec les autres et avec eux-mêmes, patients difficiles qui nous conduisent par moments aux limites de la compréhension, du supportable et qui pourtant nous touchent tellement ». L'introduction témoigne de l'ancrage de ces réflexions dans la pensée née de la séance et considère « l'apparition du sexuel à partir du non-sexuel, provenant de l'objet sexualisant-séducteur » (dans une perspective de première topique qui rappelle celle de Laplanche), tandis que la pulsion de tendresse s'enracinerait dans la trame non sexuelle, essentielle pour soutenir une sexualisation issue d'elle par étayage. Cette revalorisation de l'autoconservation est l'un des apports spécifiques de ce livre, que soutient la grande expérience de D. Cupa auprès des patients somatiques et notamment son expérience des greffes d'organe. Elle montre également dans cette invitation initiale à la lecture de son livre comment s'est imposé à elle ce croisement de notions opposées, cet écho de l'une à l'autre, et nous ouvre à l'intelligence de la subtile composition de son travail.