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« Je reconnais qu'une allégorie a depuis trente-cinq ans pris la place de l'Algérie dans ma tête. Et dès avant que l'allégorie se produise, je n'ai de mémoire que si profondément plantée dans les replis de ma chair, si gravée dans ma grotte personnelle, qu'il me semble, dès que je dis cette phrase, être dans l'Antiquité d'une fiction que j'invente et dont je suis l'invention. »2
Hélène Cixous inscrit sa passion d'écrire sous le signe du deuil et d'une aphasie secrète : une écriture « sortie - à 10 ans - de la tombe de mon père »3, écriture, Algérie et quête de soi sont chez elle indissociables. L'incommunicabilité de la souffrance née du trauma de la mort du père, d'un côté, et la séparation impossible de l'objet (primaire) terre/mère-Algérie, Algérie confondue à une partie d'elle-même : l' « inséparabe » de l'autre, nourrissent les « rêveries de la femme sauvage ». « Moi, pensais-je, je suis inséparabe. C'est une relation invivable avec soi-même. »4