You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Pour mieux nous approcher du regard fasciné et fascinant de Julia Kristeva sur Thérèse d'Avila, il peut être utile d'évoquer quelques publications antérieures.
Psychanalyste de la Société psychanalytique de Paris, écrivain, professeur à l'Institut universitaire de France, première lauréate en 2004 du prix Holberg, créé par le gouvernement norvégien pour honorer les sciences humaines, J. Kristeva livre beaucoup d'elle-même dans un roman d'apparence policière, Meurtre à Byzance . Santa Barbara, ville imaginaire, est la proie d'une crise multiforme où sévissent la mafia et les sectes. Un serial killer s'en prend aux dirigeants d'une puissante secte aux pratiques illégales tandis que disparaît Sebastian Chrest Jones, historien des migrations, passionné par la princesse byzantine Anne Comnène, née en 1083, qu'un de ses ancêtres a peut-être connue et aimée. Le commissaire N. Rilsky, déjà présent dans des romans antérieurs de J. Kristeva, y mène l'enquête, avec l'aide de la journaliste Stéphanie Delacour. L'intrigue n'est qu'un prétexte qui sert de cadre à une méditation sur l'errance, l'exil et l'étrangeté, se déploie en une quête des origines - les origines bulgares de l'auteur, comme celles de ses personnages -, et cisèle le portrait de la princesse bulgare Anne Comnène, grande figure d'intellectuelle.
Sans le détour apparent de la fiction, nous trouvons une présentation du parcours personnel et intellectuel de J. Kristeva, depuis la Bulgarie et sa vallée des roses, jusqu'à son travail d'universitaire et d'analyste, sous forme d'un entretien initialement diffusé sur Radio France avec Marie-Christine Navarro, journaliste et professeur à l'American University of Paris (La Tour