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En prenant pour thème « Scissions, clivages », ce dernier numéro de la revue du Centre de psychanalyse et de psychothérapie Évelyne-et-Jean-Kestemberg aborde une question centrale, tant pour la clinique des psychoses et de ses « marges » que pour la théorie psychanalytique du fonctionnement mental. Question qui trouve donc tout particulièrement sa place dans cette revue, puisque celle-ci a précisément pour vocation de nourrir la réflexion théorico-clinique à partir de la pratique du Centre - à savoir, « donner aux patients psychotiques un espace autre que celui de la psychiatrie », « dans la recherche toujours présente, toujours fuyante d'une articulation possible entre [psychanalyse et psychose] », ainsi que le rappelle le préambule.
Dès la lecture du sommaire, sa remarquable diversité éveille l'intérêt du lecteur, puisqu'on y trouve à la fois des textes de théorie, des récits de cure (qui eux-mêmes reflètent la grande diversité des pratiques référées à la psychanalyse : psychothérapie individuelle, psychodrame, relaxation, prise en charge multifocale) et des références plus littéraires.
Nous nous proposons d'en rendre compte en choisissant deux axes thématiques (parmi d'autres possibles) qui nous ont semblé particulièrement intéressants :
— d'une part, l'opposition entre la conception fonctionnelle et la conception pathologique des scissions et clivages. Sachant qu'il y a des acceptions
extrêmes et tout un continuum intermédiaire. Cette distinction rend compte, en retour, de conceptions thérapeutiques diverses, entre tentative de réduire un processus considéré comme pathogène et respect d'un mécanisme défensif;
— d'autre part, un aspect qui apparaît à la lecture d'un bon nombre des contributions : la fréquence, et donc vraisemblablement l'intérêt, du recours à une diversité de points de vue pour aborder des pathologies particulièrement lourdes et rebelles (ce qui nous est rappelé par des récits cliniques très démonstratifs sur ce plan).
Concernant le premier axe, l'i