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« La logique du désordre : quelques considérations cliniques et épistémologiques sur l'expérience émotionnelle et de l'infini » est un titre qui peut sembler un peu hermétique à première vue : avons-nous en effet affaire, dans notre pratique, à l'infini ? Ou bien doit-on le laisser aux métaphysiciens ? Dans cet article (pp. 709-726), P. Bria et R. Lombardi (Rome) nous permettent cependant de reconnaître, en fait, la question de l'infini telle qu'elle se pose en clinique, effectivement et très souvent. Ils mettent en lumière une dimension psychopathologique que nous n'avons pas l'habitude d'aborder. Pour cela, ils s'inspirent de deux auteurs qui ont laissé une réelle empreinte sur la pensée analytique italienne mais qui sont encore presque inconnus chez nous : Armando Ferrari et Ignacio Matte Blanco. Un résumé serré des hypothèses de ces auteurs et de leurs possibles points de jonction est tout d'abord présenté. On évoquera ici la conception d'un inconscient où, selon Freud, la condensation régnait en maîtresse, une condensation pouvant se faire à l'infini et pouvant donc englober, à la limite, un nombre infini d'éléments non condensés et conscients. Matte Blanco a dès lors préféré considérer que la différence psychique fondamentale n'était pas celle existant entre conscience et inconscient mais celle entre « mode symétrique » (par exemple, des éléments condensés sont équivalents pour l'inconscient) et « mode asymétrique » (pour la conscience, ils ne sont pas confondables). Les auteurs considèrent ce point et, de plus, le mettent en lien avec la conception de Bion, qui plaçait les émotions fondamentales au niveau corporel et qui montrait leur progressif trajet de mentalisation (d' « alphabétisation »). Ferrari s'est particulièrement penché sur cet aspect et a montré que le psychisme avait ainsi pour tâche d'éclipser un corps dont la présence trop forte, ou du moins sans contrepoint mentalisé, débouchait sur de la confusion. De plus, lorsque l'émotion (et sa participa