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La saisie initiale du transfert confronte d'emblée Freud à l'ambiguïté de ses liens avec la situation analytique : « … le transfert n'est qu'un fragment de répétition et la répétition est le transfert du passé oublié, non seulement à la personne du médecin, mais à tous les domaines de la situation présente. »1 D'un côté, le terme de « fragment » ne peut que renvoyer à la découpe qu'opère le cadre de la cure - un lien privilégié est ainsi posé entre l'événementialité hic et nunc de la séance et l'interprétabilité du transfert -; de l'autre, la répétition, activée par l'instauration du traitement, s'exerce bien au-delà des limites de la séance. L'ambiguïté féconde et risquée de la situation analytique découle de ce qu'elle n'est pas une « situation de laboratoire », qu'elle s'inscrit dans l'existence même du patient. La visée de la méthode postule que les mouvements transférentiels découlant de cette activation globale viendront se centrer sur l'analyste, support à la fois naturel et « artificiel ». Le paradoxe de cet arraisonnement méthodologique est de prétendre capter, fixer, cadrer ce qui est, essentiellement, déplacement, interprétable comme tel. Idéalement, ce paradoxe est rendu soutenable par le principe selon lequel l'analyse n'est concernée que par la seule réalité psychique, ne connaît que des « faits de parole », à travers le discours de l'analysant. Un tel principe proscrit d'intervenir « dans le réel », là où se produit, se met en acte l'éventuel transfert latéral; mais il faudra se demander si l'enjeu le plus crucial de la latéralisation ne se situe pas à la limite de pertinence