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Quand bien même « transfert latéral » est une expression qui n'apparaît jamais sous la plume de Freud, essayons de la resituer dans la scénographie théâtrale de l'agir inconscient. Analyste et patient regardent ensemble la pièce qui se déroule sur scène et, soudain, l'alarme au feu retentit dans la salle. Tout se passe alors comme si le jeu cédait la place à une réalité effective faisant subitement irruption1. À charge pour les deux partenaires de la situation analytique de faire remonter sur scène l'agent clandestin qui s'active dans la salle, en sémantisant l'action qu'il réalise à leur insu.
Dans le cas du transfert latéral, lorsque résonne l'alarme, tout se passe comme si l'auteur du délit contraignait analyste et patient à sortir sur le parvis du théâtre pour l'appréhender. Non seulement le jeu sur scène est démis de sa fonction d'attraction de l'attention, mais le périmètre de la « réalité effective » actualisée dans la salle est démantelé au profit d'un détournement de l'intérêt pour l'événement qui se déroule dans le monde réel de la vie commune.
Pourtant, si la scénographie théâtrale du transfert a quelque poids, c'est bien que, depuis la lettre écrite à Fliess en octobre 1897, Freud n'a cessé, à certains égards, d'explorer la relation entre la scène, la salle et cette troisième localité, tout à fait essentielle, que sont les coulisses. De fait, l'espace théâtral de Œdipe-Roi confronte le spectateur non seulement à la visibilité de la scène, mais, plus encore peut-être, à l'invisibilité de l'arrière-scène dans l'obscurité de laquelle Jocaste se pend et Œdipe s'aveugle. Seul, le récit du Coryphée témoigne du moment crucial de la découverte du crime parricide et incestueux, et des gestes accomplis sous le coup de la culpabilité. Auparavant, la faute ne s'est révélée que dans la terrible équivocité des mots. Mais le lieu du délit, le feu du désir et