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Les réflexions et hypothèses qui vont suivre trouvent leur origine dans des observations de patients pendant leur séjour dans un service psychiatrique hospitalier qui accueille des adolescents et jeunes adultes (16 à 25 ans), toujours en hospitalisation « libre », c'est-à-dire sans mesure d'internement. Leurs pathologies comportent plusieurs manifestations de passage à l'acte : consommation d'alcool, de cannabis et d'autres toxiques, bien sûr, mais aussi automutilations, scarifications, tentatives de suicide, ruptures avec la famille ou avec la scolarité. Les passages à l'acte dans le domaine de la sexualité sont également très fréquents et, pourrait-on dire, assez « banals », c'est-à-dire conformes à ce que l'on peut observer dans n'importe quel collectif de vie regroupant des jeunes adultes des deux sexes. Compte tenu de cette réalité, les attitudes de l'institution et de l'équipe soignante se situent globalement entre le rappel systématique du cadre institutionnel et la tolérance bien tempérée.
Il existe néanmoins une configuration de passage à l'acte sexuel plus spécifique, celle de l'homosexualité féminine. Dans ce texte, nous essaierons de proposer des hypothèses pour comprendre certains aspects de sa signification et sa dynamique dans le cadre institutionnel.
Sylvia, âgée de 16 ans, est hospitalisée dans les suites de plusieurs tentatives de suicide médicamenteuses graves. Elle est la troisième d'une fratrie de quatre enfants issus de trois pères différents, que la mère élève seule. Sylvia n'a jamais