You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Avec Le jeu et l'entre-je(u), René Roussillon affine et déploie les élaborations théoriques nées de son intérêt pour la problématique narcissique-identitaire. Comment écouter ces patients « soumis à une compulsion de répétition aveugle » ? Comment « cerner le processus qui permet de passer à un fonctionnement éclairé et vectorisé par le principe de plaisir » ?
Le travail psychique est la référence communément admise pour penser le processus qui déplace le primat du principe de plaisir vers la suprématie du principe de réalité. Mais il faut que le principe de plaisir soit déjà opérant. R. Roussillon propose le modèle du jeu pour comprendre l'accession au principe de plaisir.
En s'intéressant au processus par lequel la compulsion de répétition s'ouvre au principe de plaisir, R. Roussillon est amené à reprendre la métapsychologie sous l'angle de l'interaction entre le bébé et son objet secourable. La psychologie de l'individu est d'emblée une psychologie sociale, disait Freud en 1921. S'appuyant sur Freud, Winnicott et Ferenczi aussi bien que sur les avancées de la recherche en neurosciences, R. Roussillon affirme avec force l'importance du mode de présence et de la réponse de l'objet dès les premiers temps de la vie : l'interaction glisse vers l'entre-je(u).
En proposant ce concept, il cherche à restituer la dimension inconsciente de la subjectivité croisée avec la question de la pulsion et du sexuel, trop souvent absente dans la notion d'intersubjectivité.