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C'est une réflexion passionnante de Didier Houzel sur l'œuvre et l'histoire de la pionnière de la psychanalyse Sabina Spielrein qui inaugure ce numéro. L'auteur plonge là dans l'enfance de l'histoire de la psychanalyse, au travers de la vie de cette première patiente traitée par Jung et la psychanalyse, première femme de surcroît à avoir écrit un travail psychanalytique en 1911 : Die Destruktion als Ursache des Werden (La destructivité comme cause du devenir). Pour Houzel, « on ne peut comprendre pleinement ni le concept de pulsion de mort, ni celui de contre-transfert sans s'intéresser à l'extraordinaire aventure thérapeutique, scientifique et amoureuse qui a pour protagonistes Sabina Spielrein, Carl Jung et Sigmund Freud ». En suivant D. Houzel dans les données biographiques sur Spielrein, on apprend par exemple que, outre son histoire d'amour avec Jung à laquelle celui-ci a activement participé, cette femme qui se maria avec un autre finira déportée et assassinée par les nazis avec ses deux filles, et qu'elle a eu pour analysant le célèbre psychologue Jean Piaget. Dans son article, Sabina Spielrein émet l'hypothèse que l'instinct sexuel comporte en lui-même une force de destruction. L'amour de l'objet conduit à se fondre en lui, à perdre son identité propre. Cette autodestruction est la condition pour donner la vie et assurer la survie de l'espèce. Elle met au jour un conflit entre le Moi de l'individu et la psyché de l'espèce. C'est de l'acceptation de cette mort de soi-même que dépend la survie de l'espèce et celle de l'individu aussi.