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« C'est précisément l'accent mis sur le commandement : Tu ne tueras point, qui nous donne la certitude que nous descendons d'une lignée infiniment longue de meurtriers qui avaient dans le sang le plaisir au meurtre, comme peut-être nous-mêmes encore. »
Les rapports entre la pulsion de mort et la destructivité méritent d'être précisés, au vu d'un certain nombre de travaux, les uns semblant remettre en cause la pertinence d'en appeler à la première pour rendre compte de la seconde, d'autres la confirmant plutôt. Une tendance semble se faire jour qui retiendrait des versions affadies de l'opposition pulsionnelle de la seconde théorie des pulsions : pulsions de vie / pulsions de mort et du jeu de leur intrication et désintrication pour ne retenir qu'une opposition liaison/déliaison, ou en privilégiant la destructivité, en s'orientant vers une « destrudo » plus symétrique de la libido, alors que le modèle freudien installe une conflictualité entre deux pulsions asymétriques, conflit qui déborde non seulement le psychisme, mais même l'individu biologique. De plus, l'autodestruction comme but premier à la pulsion de mort nous éloigne d'un étayage de l'agressivité sur l'indispensable férocité animale qui a assuré la sélection de l'espèce humaine par l'évolution, filiation que Freud prend en compte dans « Actuelles sur la guerre et la mort », et l'on sait le poids de la Première Guerre mondiale dans l'élaboration de la seconde théorie des pulsions (comme également dans les œuvres de Winnicott et Bion…). La violence, dont nous voyons parfois les conséquences dans nos cures, mais que certains de nos collègues vont interroger, comme Claude Balier, met-elle en cause le dualisme freudien de 1920, et devons-nous en revenir au narcissisme ? Enfin, la question de l'énergie de la pulsion de mort est rédhibitoire pour beaucoup.