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En France, après une longue période dominée par le rejet, l'ignorance, ou l'incapacité à opérer de réels rapprochements, les relations de la sociologie avec la psychanalyse ont connu une sorte d'âge d'or dans les années d'après guerre, et jusqu'au début des années 1970. Elles ont fonctionné alors ou bien au premier degré, avec divers efforts pour rapprocher ou articuler les deux registres, d'une façon ou d'une autre, ou bien au deuxième degré, avec pour projet de penser la place qu'occupe la psychanalyse dans notre vie collective, sociale ou politique. Dans le premier cas, des sociologues ont tenté de construire les bases d'un dialogue fécond et même parlé, avec Roger Bastide en particulier, de fonder une « sociologie psychanalytique »1. Sans aller si loin, beaucoup ont pris l'habitude de lire certains textes de Freud comme « sociologiques », à commencer par L'avenir d'une illusion, Malaise dans la civilisation et Moïse et le monothéisme; d'autres, ou les mêmes, ont découvert ou redécouvert Wilhelm Reich et le projet de conjuguer la psychanalyse et le marxisme, pensé alors comme un mode d'approche du social et du politique - le « freudo-marxisme » a prospéré à la même époque. Différemment, et avec néanmoins une forte sensibilité au marxisme, la sociologie clinique, avec en France des auteurs comme Eugène Enriquez ou Vincent de Gaulejac, s'est efforcée d'articuler des catégories sociologiques, ou psychosociologiques, avec de fortes et nettes références à la psychanalyse.