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« Si la psychanalyse n'a pas jusqu'ici pris en considération certaines choses, ce n'est pas qu'elle soit jamais passée à côté de leurs effets ni qu'elle ait voulu dénier leur importance, mais bien parce qu'elle suit un chemin déterminé qui ne l'avait pas encore menée jusque-là. Et finalement, quand elle est parvenue à ce point, il faut bien dire que les choses lui apparaissent autrement qu'aux autres. »
« Le Moi est avant tout un Moi corporel », nous dit Freud dans « Le Moi et le Ça ». Un Moi-corps qui est non seulement situé à l'interface du dedans et du dehors, mais se voit également constitué d'investissements d'objets abandonnés, dépositaire donc de restes, de fragments susceptibles de se matérialiser en identifications, voire traits de caractère. Mais que se passe-t-il lorsque la « bisexualité constitutionnelle » se retrouve battue en brèche et la « disposition triangulaire de la relation œdipienne » apparaît annihilée par une drastique relation à deux fusionnante et fusionnelle ? La transposition de la libido d'objet en libido narcissique pourrait-elle avoir pour conséquence dans ce cas, comme Freud le craignait déjà, une désintrication pulsionnelle mortifère pour la psyché certes, mais dans certains cas également pour le soma ? Le Moi-corps, dont le statut métapsychologique gagnerait à être encore interrogé, pourrait alors constituer le noyau d'impact d'une technique analytique qui verrait son domaine d'intervention enrichi par la pratique de la psychanalyse, étendue au domaine des maladies somatiques.