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En 1911, Freud s'intéresse à l'entrée dans la maladie du Président Schreber, à partir des écrits de celui-ci. Sur le plan manifeste, celle-ci a eu lieu après sa prise de fonctions en tant que président de cour d'appel, mais en fait elle s'est produite avant, de façon inapparente, un peu après l'annonce de sa promotion. C'est alors qu'un matin, dans un demi-sommeil, Schreber a été saisi de la pensée inattendue et choquante pour lui : « Qu'il serait beau d'être une femme en train de subir l'accouplement. » Dans les jours qui suivent, l'auteur de cette possession sexuelle se précise : son médecin, Flechsig. Cette pensée formera le contenu principal du délire.
Ainsi, Freud suggère une causalité en signalant que la maladie fait suite à une promotion, mais sans l'expliquer. Il ajoute au contexte d'entrée dans la maladie un élément noté incidemment par Schreber : il est à l'âge où il doit prendre acte de la stérilité de son couple, qui vient confirmer une impasse, et une perte, quant à la position paternelle.
Freud envisage la psychose au moment où il tente de penser le narcissisme : après avoir découvert l'importance des investissements érotiques dans la genèse des troubles mentaux et de la personnalité en général, se pose la question suivante : le sentiment de soi qui permet d'investir des objets n'est pas inné; il a aussi une genèse, un développement.
Comme pour les névroses, c'est la pathologie qui permet de comprendre ce développement humain fondamental. « Démence précoce et paranoïa nous fourniront l'accès à l'intelligence de la psychologie du Moi. »1