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Le mot anglais d'enactment est employé surtout dans le domaine juridique pour désigner un décret ou une loi et, plus généralement, la promulgation d'une disposition par un acte d'autorité. Dans le domaine du théâtre, ce mot a un autre sens : celui de jouer un rôle ou un personnage mis en scène avec des paroles et des gestes.
Karl Weick (1979, 1988, 1995) a introduit ce terme dans le domaine de la psychologie afin d'attirer l'attention sur les effets de l'établissement d'une certaine règle dans une organisation, qui vont bien au-delà du but immédiatement visé par celle-ci. L‘enactment peut ainsi déclencher des événements qui impliquent toute la structure. Une disposition, par exemple, peut mettre à exécution des limitations qui concernent toute une entreprise avec pour résultat d'éviter d'aborder certains sujets ou de faire certaines expériences. Mais l'enactment peut également avoir un effet opposé : celui de pousser à aborder des sujets ou de faire des expériences qui avaient jusque-là été évitées.
En psychanalyse, ce terme a été employé surtout pour désigner des situations dans lesquelles l'analyste et le patient sont pris dans un jeu d identifications projectives au centre desquelles se trouvent des événements du passé de l'un et de l'autre (Steiner, 2000; Lebovici, 1994; Kirshner, 2000). Dans ce cas, l'analyste - au lieu de comprendre et d'interpréter éventuellement - s'entend avec le patient et passe à l'acte. Entendu en ce sens, l'enactment est étroitement lié à la contrainte de répétition et à la destructivité (Van der Kolk, 1989; Martin, 2002).
Un autre usage de ce terme en psychanalyse fait plus spécifiquement référence à la sexualité. L'enactment est plus précisément mis en rapport avec le