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Une partie de mon activité dans le secteur public me donne l'occasion de rencontrer des personnes qui viennent d'être victimes d'agression, de choc émotionnel, et que ne voient pas habituellement, d'emblée, les psychanalystes. Les patients auxquels je vais me référer pour soutenir ma réflexion sont ceux qui, lors d'un événement traumatique, ont éprouvé un sentiment de mort imminente pour eux-mêmes ou un proche, ou encore, ont été confrontés réellement à une mort violente. L'accrochage transférentiel se fait sur la reconnaissance du vécu d'un sentiment de détresse et d'abandon dans sa forme la plus extrême. Ce travail permet, le plus souvent, d'éviter l'installation d'un état de stress post-traumatique, en endiguant, en quelques semaines, la symptomatologie consécutive à ce traumatisme : obnubilation de la pensée par une ou des images récurrentes, angoisses diffuses, rumination mentale accompagnée d'un mouvement dépressif, troubles du sommeil, rêve traumatique1. Ces entretiens peuvent favoriser la reprise de l'élaboration, qui n'avait pu se faire en son temps, de traumatismes antérieurs qui font alors retour. Cette prise en charge, quoique brève, mais dans un moment de crise, donc particulièrement propice au changement, peut parfois conduire par la suite, et avec quelqu'un d'autre, à un travail analytique plus soutenu.
Dans cette symptomatologie se développent très fréquemment, et le plus souvent passagèrement, une ou plusieurs phobies. C'est un symptôme qu'il faut débusquer, car il est moins facilement évoqué que les autres, par les patients. Le