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Ce tardif écrit, critique, est porteur d'un hommage à Francis Pasche. Il a pendant longtemps joué pour moi un rôle de « grand frère ». Nous nous amusions dans les jardins de Sainte-Anne du fait que je commençais mon analyse sur le divan qu'il venait de quitter… Il était de ceux qui, à mes yeux, avaient franchi un pas important, qui « savaient », qui pensaient… Un modèle à suivre.
Je me suis souvent sentie en accord avec lui, parfois cependant en désaccord, au point qu'il lui est arrivé de me traiter d'hérétique (à cause de ma tendance moniste). Il a toujours, cependant, respecté ma liberté de pensée. Merci à lui.
La relecture de L'anti-narcissisme (1964) a fait ressurgir un parfait désaccord avec cet écrit. Pourquoi s'est-il écoulé un si long temps entre ce texte et l'expression de mon refus ? Sans doute ce temps m'était-il nécessaire pour relier et comprendre mon désaccord concernant cet écrit et mon refus de l'hypothèse freudienne de la pulsion de mort.
Dans un premier temps, en effet, l'hypothèse m'avait pleinement satisfaite, séduite. Ce qui a fini par me paraître suspect et m'a amenée à un long travail de réflexion et d'auto-analyse pour saisir les raisons véritables de mon adhésion, étayées sur mon histoire familiale, affective, et mes défenses préférentielles.
Décrivant ce qu'il appelle anti-narcissisme, Pasche s'oppose à ceux qu'il appelle « les champions du narcissisme », Federn et Grunberger. Pour lui, dès le début de sa vie, le sujet humain « se dépossède d'une partie de sa libido au profit de l'objet » et il y voit une manifestation de l'instinct de mort (Thanatos), puisqu'il y a séparation et dispersion. En réalité, si, à cet âge précoce, la relation d'objet reste à venir et à se construire, il peut exister parallèlement à l'auto-investissement