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Le décor est planté, une fois pour toutes, réduit à l'essentiel : la Chambre et l'Arbre à partir desquels tout se noue et se dénoue, figures fondamentales d'une sorte de métapsychologie poétique, avec sa topique propre et néanmoins fidèlement freudienne et s'offrant dans leur réalité concrète comme source infinie de métaphores et support du jeu des mots.
Ainsi de la Chambre. Une Chambre effectivement à part au sein des lieux, mais qui surtout, dans son essence, sa fonction, est avant tout un lieu où ça se dit, mais aussi qui se dit, « un lieu dit ». Pour cela, il lui faut d'abord être un lieu d'accueil toujours déjà là, un lieu où ça se passe, un lieu où l'on se tient, où l'on vit - et l'on meurt -, lieu de repos, des étreintes, des échanges ou des drames, du retour sur soi, où les limites concrètes de cet espace de vie sont contenues, finissant par se confondre avec celles de l'âme, un lieu donc particulièrement étrange où se déroulent toutes les pensées et où défilent tous les scénarios, s'éprouvent toutes les joies et tous les désespoirs.
Comment est-ce structuré ? Comment ça marche ? « Pourquoi pas, comme le suppose l'auteur, un cabinet de lecture avec son intimité secrète, un atelier où la matière brute se travaille, un atelier vaguement clandestin, un sanctuaire qui inviterait au recueillement. » Un lieu de mémoire où s'exprime progressivement une étrange transformation, où Chambre des visiteurs et Chambre de l'hôte finissent par se confondre en un espace commun. Or, ce qui, de chaque Chambre, se déploie apparemment pour son compte vient peu à peu se superposer