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Nathalie Zaltzman, psychanalyste membre du IVe Groupe, dont elle fut présidente, est décédée le 11 février 2009. Très attachée aux travaux de Piera Aulagnier, elle nous laisse, elle aussi, une œuvre importante centrée notamment sur la notion de guérison en psychanalyse, qu'elle relie aux enjeux du travail de la culture. Dans son dernier ouvrage, L'esprit du Mal, elle propose une lecture freudienne de notre crise de civilisation, refusant de la voir comme simple décomposition. Si la civilisation se construit sur la répression des pulsions sexuelles et meurtrières, on pouvait admettre que, lors d'échecs du refoulement civilisateur, le pulsionnel tende à régner sans contrôle, sous forme d'une sorte de retour à l'état anomal. Or la régression du XXe siècle relève d'un état de confusion spécifique entre le sujet et la masse, qui ne débouche pas sur une préhistoire de l'humanité, mais sur une post-histoire, un état nouveau de la civilisation où l'homme se résorbe dans la masse et en vient à célébrer la mort et ses idoles. Ce mal absolu, perceptible dans l'examen de la notion de crime contre l'humanité, permet par contraste de dégager ce qui peut et doit soutenir l'humanisation pour permettre un travail de la culture qui soit un progrès de la vie de l'esprit, tant dans les cures psychanalytiques que dans notre vie sociale. Le saut opéré par le gain culturel est transgressif; il ne s'accomplit qu'à enfreindre des interdits de penser, à détruire des illusions, à désorganiser des repères.
Le texte s'ouvre par un avant-propos qui est une lecture critique et interrogative de Freud dans Malaise dans la civilisation : quel espoir, quel projet garder pour le devenir humain si ce qu'il construit de plus évolué pour un vivre-ensemble