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En vue de « soutenir la communication analytique », les Libres Cahiers pour la psychanalyse proposent deux fois l'an à des auteurs venus de différents champs culturels mais « attentifs au déploiement de l'expérience freudienne » de réagir à un texte de Freud. Il leur a été proposé, pour ce dix-huitième numéro, de relire « Le Moi et le Ça » en accordant une attention toute particulière au chapitre final de cet essai de 1923, « Les relations de dépendance du Moi ».
Serons-nous étonnés de ce que ce thème ait exclusivement mobilisé des psychanalystes ? Certes non, puisque, d'une part, certains font largement référence au champ culturel dans leur lecture, et que, d'autre part et surtout, ce texte vient bouleverser la construction métapsychologique en installant la deuxième topique par l'introduction du concept de Surmoi, en développant l'idée d'une culpabilité inconsciente et en proposant un but nouveau à la cure elle-même : dégager le Moi des dépendances que lui imposent la réalité externe, la violence du Ça et la cruauté du Surmoi… Et il est évidemment réjouissant de voir les ondes de choc provoquées par ce bouleversement, ce saut épistémologique de 1923, produire dans la pensée contemporaine autant de propositions…
En ouverture, c'est l'énigme de la culpabilité inconsciente et son « formidable pouvoir heuristique dans le cheminement de Freud » que N. Amirogena Rosenberg et Léopoldo Bleger choisissent d'explorer. Depuis la lettre à Fliess du 15 octobre 1897 où Freud dit d'Hamlet que « sa conscience est sa conscience de