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Une lettre des États-Unis (P. W. Moscher, Albany (NY), pp. 1109-1122) nous permet de filtrer ce que nous entendons régulièrement de rumeurs concernant la psychanalyse aux États-Unis. Une des premières composantes de l'histoire locale de l'analyse tient au monopole médical que Brill, premier analyste et premier traducteur de Freud aux États-Unis, eut à cœur de promouvoir au début du XXe siècle. Et ce bien que cette vision d'une analyse simple sous-discipline de la psychiatrie - purement médicale, donc - ne fût pas celle de Freud lui-même. À l'époque, il pouvait sembler important de faire le tri entre les médecins et les charlatans présents parmi eux aux États-Unis. Pourtant cette volonté d'une hégémonie médicale posa problème dès les années 1920-1930, du fait à la fois d'Américains non médecins partis se former à l'analyse en Europe et qui revenaient au pays, et d'Européens non médecins qui, eux, fuyaient le nazisme et débarquaient aux États-Unis. Cette volonté d'une analyse purement médicale marquera l'histoire de la psychanalyse américaine et en particulier lorsqu'elle sera sous la férule toute-puissante de l'APSAA (American Psychoanalytic Association). En 1954, par exemple, les analystes non médecins devaient voir leurs cures « coordonnées » par des médecins. Tout cela se passait dans le contexte d'un « âge d'or » où être médecin, psychiatre et analyste était considéré comme un « top » social. Comme, de plus, les assurances médicales remboursaient bien les traitements, et que peu de stratégies concurrençaient la psychanalyse, le métier