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Le JAPA (Journal of the American Psychoanalytic Association) n'a plus besoin d'être présenté aux lecteurs français de psychanalyse. Son intérêt n'est plus à démontrer. Et ce numéro, une fois encore, nous conforte dans cette constatation.
Dans les contributions qui concourent à l'élaboration de ce volume 56, nous avons choisi d'abord le texte de Eran J. Rolnik intitulé « “Comment se fait-il que je voie toute chose différemment ?”, présentation d'une lettre de Paula Heimann à Theodor Reik en 1933 ». P. Heimann écrivit cette missive à son analyste formateur (qui avait émigré de Berlin à Vienne) peu de temps avant d'émigrer elle-même de Berlin à Londres. Cette lettre fut retrouvée dans les papiers personnels de Max Eitingon et découverte à Jérusalem au cours de recherches sur l'émigration des psychanalystes d'Europe centrale vers la Palestine. Nous découvrons un aspect de la sensibilité et de la liberté de penser, composantes de la forte personnalité de cette psychanalyste qui exprime son désarroi et son désaccord par rapport à la pratique de certains de ses contemporains. Si c'est à Vienne que s'est développée la psychanalyse à la fin du XIXe siècle, c'est bien à Berlin dans les années 1920 et au début des années 1930 que cette discipline, en tant que discipline scientifique, s'est institutionnalisée et systématisée. L'institut de Berlin a été le premier et le seul alors à proposer une formation qui a attiré des candidats de l'Europe entière. Mais la montée du nazisme contraignit la plupart de ses membres à émigrer en 1934. Changement