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« C'est une question embarrassante de savoir si, sans âme, il y aurait ou non du temps. »
« Je me sens éparpillé dans les temps dont j'ignore l'ordonnance. »
« Ce que signifie le mot “après”, je l'ignore si je n'ai pas d'abord le concept de temps. »
« Le passé n'est jamais mort, il n'est même pas passé. »
« Personne n'a jamais prouvé que le temps s'écoule. »
L'appel téléphonique avait constitué une première alerte. Au ton de la voix, je crus un instant à un démarchage commercial; c'était une demande de rendez-vous. Notre premier entretien confirma l'impression première. Aurore arborait un sourire constant, de ceux que l'on enseigne dans les écoles de commerce, quand il s'agit d'opposer aux humeurs variables et imprévisibles du client une indifférence enjouée que rien ne saurait ternir. Le ton désinvolte rimait avec le sourire. Rien de léger, pourtant, dans l'évocation des motifs qui la conduisaient