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Qu'un événement contingent soit source d'une prise de conscience ne devrait pas surprendre le psychanalyste. Pourtant ma surprise a été grande quand la coïncidence entre une réunion scientifique et la lecture d'un texte littéraire m'a permis de mieux comprendre ce qui est en jeu dans l'après-coup, centre des débats du 69e Congrès des psychanalystes de langue française.
Pendant la table ronde organisée par Catherine Chabert, « La confusion des temps » (un intitulé déjà évocateur !), toute la construction et le contenu d'un inédit de Stefan Zweig, Le voyage dans le passé1, que j'avais lu la veille me sont revenus en mémoire, et le rapport entre le livre et notre thème m'a sauté aux yeux. D'abord, j'avais pris ce livre au hasard, pour me détendre, sans prêter attention à son titre et sans penser aux liens qui unissent l'écrivain à Freud ! Puis, pour mieux fixer dans ma mémoire le plaisir ressenti, j'étais revenue au titre de la nouvelle. Mais ce n'est que le lendemain, tout à coup, me souvenant de ma lecture, que me sont apparus en pleine lumière les rapports au sens et à la temporalité de l'après-coup que les rapporteurs s'efforçaient de nous faire appréhender.
Jacques André et Bernard Chervet ont montré que l'après-coup engendre, chez le sujet qu'il affecte, un double mouvement pulsionnel, libidinal et agressif, qui opère dans deux directions temporelles, le passé et l'avenir. Ils ont montré aussi que ses effets de mise en sens et de vectorisation du temps supposent toujours des renoncements.
Dans la perspective de la première métapsychologie et partant de l'enjeu de la séduction, J. André décrit le mouvement transférentiel de toute cure comme une répétition avec effets d'après-coup relançant, à partir du sexuel infantile, les