You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'après-coup ne prend sa pleine signification que dans le cadre de la théorie de la temporalité chez Freud. Il est le temps inaugural de cette théorie, puisqu'il est le premier à avoir été exposé par Freud, dès l' « Esquisse ». Cependant cette intuition ne sera officielle que dans la suite de l'œuvre, puisque l' « Esquisse » n'a fait l'objet d'aucune publication du vivant de Freud. Il faudra donc attendre L'interprétation des rêves pour voir inaugurer cette longue suite de travaux qui ne s'arrêtera qu'avec L'homme Moïse et le monothéisme. Comme on l'a fait remarquer, ce développement a vu naître de multiples figures temporelles tout au long de son œuvre.
Pour revenir à l'après-coup, ce que nous avons à garder en mémoire, c'est qu'il se rattache, au moins, à un double déterminisme : celui de la chaîne de constitution originale de la temporalité chez Freud (l'après-coup est un élément de cette chaîne) et celui de la chaîne spécifique de la causalité en psychanalyse, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler. Il est important de comprendre que ces deux chaînes sont indissociables, qu'on ne peut penser l'une sans l'autre : il n'est pas question de comprendre la causalité chez Freud sans la rattacher à la constitution de la temporalité.
Le modèle de la temporalité s'est formé par une construction qui s'est élaborée du début jusqu'à la fin de l'œuvre freudienne. C'est ce que j'ai tenté de décrire dans mon livre Le temps éclaté1. L'après-coup apparaît donc dès l' « Esquisse », ce qui veut dire avant la psychanalyse et avant l'œuvre de Freud, puisque nous savons qu'il ne souhaitait pas que cet écrit soit publié.
Dès L'interprétation des rêves, le problème de la temporalité est au centre, avec le problème de la régression, et même les régressions, avec le souci qu'il a de les distinguer, et avec le côté tout à fait essentiel, pour la causalité, de la