You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
N'en déplaise à Haydée Faimberg (2007) et Jacques André (2008) qui considèrent comme paradigmatique de l'après-coup le bel article posthume de Winnicott - à la condition, il est vraie, d'une conception « élargie » de l'après-coup pour la première -, il me semble important de conserver une spécificité à la description clinique de Winnicott. Elle signe une tactique de survie face à des menaces agoniques pour une psyché naissante, à un prix mutilant pour son intégrité. Dans son article, Winnicott repense à une patiente qui a fini par se suicider et estime qu'il aurait pu l'aider plus alors s'il avait compris ce qu'il comprend à ce moment : la catastrophe a déjà eu lieu, mais, trop massive, n'a pu être éprouvée. Les enjeux de vie et de mort sont donc clairement exposés. J. André et B. Chervet nous ont suffisamment montré chacun dans leurs rapports au Congrès des psychanalystes de langue française combien l'après-coup est constitutif du fonctionnement psychique lui-même, de la construction de son histoire par le sujet et de leurs remaniements, texture d'un processus intégrateur, pour ne pas confondre technique de survie et processus de vie psychique.
Une question demeure ouverte : la crainte de l'effondrement est-elle une mise en suspens pour un espoir, dans le but d'une réintégration ultérieure, ou est-ce seulement une configuration de survie qui offre cette opportunité par surcroît, et grâce à Winnicott ? On retrouve l'accent mis dans le middle-group sur le souvenir du trauma. Nous savons grâce aux indiscrétions de Stratchey que Winnicott cherchait à retrouver des souvenirs de sa naissance dans sa propre analyse, et nous nous souvenons que, pour Christopher Bollas (1989), l'objet transformationnel est un souvenir. Il me semble que Winnicott devait pencher