You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Pour introduire mon propos, il paraît important de rappeler ces quelques lignes écrites par Michael Balint (Le défaut fondamental, 1968)1, lesquelles donnent un aperçu des principales raisons qui ont pu, au sein de la communauté analytique, entraîner le long et lourd silence que l'on sait concernant tout autant l'homme S. Ferenczi que ses dernières avancées, après sa disparition en 1933 :
« Le fait historique représenté par le désaccord entre Freud et Ferenczi fit sur le monde analytique l'effet d'un traumatisme. Un maître consommé de la technique analytique comme Ferenczi, auteur de nombreux articles classiques en psychanalyse, aveuglé au point d'être incapable de reconnaître ses erreurs malgré les avertissements répétés de Freud; ou bien Freud et Ferenczi, les deux analystes les plus éminents, incapables de se comprendre et d'évaluer correctement leurs découvertes cliniques, leurs observations et leurs idées théoriques respectives : le choc était extrêmement profond et douloureux. »
Même si, comme l'a écrit Jean Laplanche, il faut au moins deux traumatismes pour faire un traumatisme (le traumatisme se jouant toujours dans la relation dialectique entre au moins deux événements)2, il y aurait une forme de paradoxe - voire d'ironie - dans l'histoire du mouvement psychanalytique à constater que les propositions de S. Ferenczi, liées notamment à ses explorations autour du concept de trauma3 et des empreintes de celui-ci sur la psyché