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Comme toujours en psychanalyse, la question est de savoir jusqu'où élargir ou restreindre le sens et la portée d'un concept ou d'un modèle théorique. En opposition aux modèles de la causalité dans les sciences, notamment ceux du point de vue développemental, l'après-coup est un effet de la continuité occulte dans la discontinuité manifeste, de l'extraterritorialité de l'inconscient, c'est-à-dire de son statut hors le temps et cependant actif, et même subversif dans le temps de l'expérience psychique actuelle. L'activation psychique inconsciente d'une inscription antérieure est productrice de refoulement et de symptômes névrotiques à la mesure même de son potentiel de transformation élaborative en analyse. Ce que Freud ne prenait pas en compte, c'est l'effet sur Emma de son investigation, de son désir de savoir et de comprendre et du mouvement transférentiel correspondant, la séduction actuelle : l'après-coup n'advient pas seulement dans la cure mais par la cure.
Jacques André, pour souligner la spécificité de l'après-coup freudien et contrairement à Lacan, le distingue d'abord très nettement de toute action différée et de toute herméneutique, mais force est d'admettre que, dans les textes de Freud comme dans l'expérience clinique, il prend un sens plus large que le modèle pur. Le risque est la banalisation en référence au ressort dramatique de la mise en intrigue d'un récit par l'analogie, la correspondance, la réplique. Après Proust, Paul Auster : « … ainsi, la rime advenue entre deux (ou plusieurs) événements établit un contact dans l'univers, une synapse de plus à acheminer dans le grand plein de l'expérience » (L'invention de la solitude, p. 254).
Tel qu'il est spécifié par J. André à partir de Freud, le modèle de l'après-coup a d'étroites parentés avec la première topique qui est son cadre théorique électif. Il n'est pas contestable que Freud ait conservé l'après-coup après l'introduction de la deuxième topique, mais pas moins que l'articulation en est plus diffi