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Toute réflexion sur le processus de l'après-coup nous invite à envisager aussi la singularité de l'interprétation analytique qui se déroule elle-même « en deux temps ».
Bernard Chervet, dans son rapport, nous propose, tel un fil rouge, une élaboration précise de cet « en-deux-temps » auquel tout analyste est confronté lorsqu'une interprétation émerge au cours du travail analytique. Dans son introduction au Congrès, il nous a montré qu'elle peut être pensée comme un après-coup de la pensée de l'analyste et du matériel du patient, et que sa production peut utiliser plusieurs patients sans que l'analyste ne s'en rende compte sur le moment.
Cet « en-deux-temps » de l'interprétation apparaît de façon plus ou moins explicite dans chacune des situations cliniques proposées par l'auteur, mais aussi dans la lecture qu'il fait des cliniques écrites par d'autres auteurs, en particulier Freud. C'est plus particulièrement à partir de la lecture de deux textes de Freud qu'il envisage l'importance de cet « en-deux-temps » impliqué dans toute interprétation.
En effet, Freud écrit, à trois ans d'intervalle, en 1898 et 1901, « Sur le mécanisme psychique de l'oubliance » et « L'oubli des noms propres ». Dans ces articles, il explore les mécanismes psychiques de l'oubli. Mais, alors que, dans son premier texte, il suit les frayages de son oubli du nom Signorelli et, grâce à une série de chaînes associatives, retrouve le nom refoulé du peintre, dans son second texte, en revanche, il reprend ce même oubli pour rajouter, dans un complément auto-analytique, la présence d'un événement traumatique, resté autrefois en latence et à l'origine de ce refoulement. Il s'agit de sa réaction de tristesse à l'annonce de la mort par suicide d'un de ses anciens patients. Il