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La notion d'après-coup (nachträglich, Nachträglichkeit) a été introduite par Freud dans l' « Esquisse » à propos du cas clinique d'Emma, où il conceptualise le « Proton pseudos ». Cette notion utilisée par Freud plusieurs fois dans son œuvre disparaîtra par la suite dans la littérature psychanalytique jusqu'à 1953 quand elle fut réintroduite par Lacan dans le « Discours de Rome ».
Cette notion dont nous sommes en dette presque exclusivement vers la psychanalyse française, alors qu'elle est presque complètement négligée par la psychanalyse anglo-saxonne, nous met en face de quelque contradiction.
La première contradiction se situe au niveau de la conception scientifique de la causalité qui respecte la direction habituelle de la flèche temporelle selon laquelle le deuxième événement est successif au premier et il ne peut pas en être la cause (Tomä, Cheshire, 1991). Néanmoins, à ce propos, on doit rappeler que, avec la théorie de la relativité d'Einstein et avec la mécanique quantique, la notion newtonienne du « temps absolu » a été mise en question. Dans la pensée philosophique, avec et depuis Kant, la temporalité est devenue indépendante du temps physique. Par conséquent, décrochée du monde physique, la temporalité ne pouvait être que rapportée à la subjectivité (Laplanche, 1992, pp. 317-318). La deuxième contradiction, la plus importante pour les psychanalystes, consiste dans l'introduction de la temporalité dans l'inconscient, tandis que, selon Freud, les processus inconscients n'ont aucun rapport avec le temps (Freud, 1915).
À mon avis, ces contradictions peuvent se dissoudre si nous comprenons les affirmations de Freud de 1915 relatives à la manifestation de la conviction de l'indestructibilité des inscriptions inconscientes et si nous remplaçons la référence au temps par celle du code de traduction.
En effet, la notion de nachträglich naît de l'observation clinique faite par Freud que la névrose se manifeste à une époque successive à celle que le travail