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La naissance de la psychanalyse est indissolublement liée au sujet de la mémoire et de ses altérations. L'inscription des traces mnésiques qui correspondent aux présentations de choses et de mots s'entrelace avec les vicissitudes de la symbolisation et du temps intrapsychique, tous les deux protagonistes du complexe enjeu entre la première et la seconde topique.
En 1896, Freud écrit à Fliess (Paris, Masson, 1985, p. 208) :
« Dans mes travaux, je pars de l'hypothèse dont notre mécanisme psychique s'est établi par un processus de stratification : les matériaux présents sous forme de traces mnémoniques se trouvent de temps en temps remaniés suivant les circonstances nouvelles… [il y aurait une re-transcription]. Ce qu'il y a d'essentiellement neuf dans ma théorie, c'est l'idée que la mémoire est présente non pas une seule mais plusieurs fois et qu'elle se compose de diverses sortes de “signes”… »… « Je tiens à faire remarquer », continue Freud, « que les enregistrements successifs (trois, peut-être plusieurs) représentent la production psychique d'époques successives de la vie. C'est à la limite de deux époques que doit s'effectuer la traduction des matériaux psychiques… ».
En clinique, Freud a appelé « refoulement » le défaut de traduction ou de transcription de matériaux psychiques. Dès lors, nos concepts de mémoire et défenses qui entravent la remémoration nous ont confrontés avec les processus complexes de la représentabilité au centre desquels les modalités de l'organisation des traces mnésiques et leur investissement pulsionnel appellent notre attention.
Dans son livre sur l'aphasie, Freud décrit l'origine des traces et leurs parcours à partir des perceptions et des sensations provenant de la surface corporelle vers le cortex. La démarche suivante de Freud dans l' « Esquisse » reste encore, de nos jours, un lieu de recherches et de débats. Freud se demandait : « Quelle est la corrélation physiologique entre la représentation isolée qui apparaît et celle qui réapparaî