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D'un point de vue topique, mais indissociablement lié aux points de vue économique et dynamique, se pose la question de savoir dans quel(s) lieu(x), au singulier et au pluriel, se situent le trauma et l'après-coup. Dans un lieu mental ? Mais où commence le mental ? Freud évoque la « barrière qui sépare le biologique du psychologique » (1926). Entre le mental et ce qui ne l'est pas, y a-t-il barrière, saut ou césure, dans le sens paradigmatique où Bion (1980) parle de la césure de la naissance ? D'un point de vue interpsychique, on dit de l'affect qu'il irradie et de l'émotion qu'elle est contagieuse…
Sur un autre plan, on peut concevoir un mouvement de convergence entre éléments hétérogènes, tels que représentations de mots, de choses, représentants-affects mais aussi éprouvés corporels, sensations, sensualité, traces perceptives, sensorielles et mnésiques. Reste à savoir comment ces différents éléments s'articulent, s'allient, s'intriquent ou s'emboîtent. Nous y reviendrons. En tout état de cause, est-il possible de concevoir le trauma et l'après-coup dans son action transformatrice sans sollicitation du corps ? On pense notamment aux rythmes primaires qui peuvent être discordants, chaotiques, douloureux ou, au contraire, générateurs de symbolisation s'ils sont suffisamment répétés dans l'harmonie. C'est aussi la mémoire du corps qui est invoquée dans ce Moi fondamentalement ancré dans la permanence de la sensorialité, sensorialité qui infiltre jusqu'à imbiber parfois la perception.
Il va sans dire que cette permanence de la sensorialité est forcément limitée par la flèche du Temps, à distinguer radicalement du temps linéaire, car appartenant à un ordre de réalité différent. Il n'empêche que le temps linéaire en tant que construction mentale qui se réfère à un « avant » et un « après » pose de nombreuses questions. La référence aux « stades » qui se succéderaient au cours du développement (oral, anal, etc.) est devenue obsolète pour la plupart des analystes. N'y aura